Le cinéma tunisien :

Trois longs métrages avaient été tournés dans les années trente, dont Le Fou de Kairouan , en 1939, de Jean-André Creusi. Dix ans après l'indépendance, un premier long métrage: L'Aube , d'Omar Khlifi (1966). En 1957 se crée la première société nationale de production, importation, distribution et exploitation de films, la Société anonyme tunisienne de production et d'expansion cinématographiques (S.A.T.P.E.C.). Les Journées cinématographiques de Carthage, fondées en 1966, auront une grande influence sur l'avenir du cinéma tunisien. En 1967, l'industrie, avec le complexe industriel de Gammarth, se met en place; en 1969, le monopole d'importation régit la distribution de films étrangers. La production s'amorce, moitié en français, moitié en arabe.
En 1972 commence ce qu'on appellera l'" ère Hamadi Essid " (jusqu'en 1979), du nom du nouveau président-directeur général de la S.A.T.P.E.C. Sous son impulsion, le cinéma tunisien s'achemine vers la reconnaissance internationale. Les Ambassadeurs de Naceur al Ktari (1974), qui raconte l'émigration vue du sud, est le premier film à accéder au marché européen; en 1977, Soleil des hyènes (parlant arabe) de Ridha Behi, coproduction, présenté à Cannes, distribué à Paris (1978), bat le record de recettes des films africains et arabes sortis en Europe.
Pourvue d'une solide structure, d'une législation, d'une tribune internationale, d'instruments de diffusion de la culture cinématographique, terre d'élection des productions étrangères à la recherche de " décors d'Orient ", la Tunisie semble bien placée pour favoriser les nouveaux talents et une esthétique cinématographique originale. Sa faiblesse tient au marché national lui-même et, au-delà, au marché arabe, pénétré par le seul cinéma égyptien.
En 1990, la Tunisie, compte quatre-vingt-dix salles (75 en 1985, dont 16 à Tunis) et produit un ou deux films par an. Le cinéma tunisien existe à travers quelques auteurs de qualité: Ridha Behi (Soleil des hyènes , 1977; Champagne amer , 1987), Nacer Khémir (Les Baliseurs du désert , 1984; Le Collier perdu de la colombe , 1990, d'après un classique de l'Andalousie musulmane), Nouri Bouzid (L'Homme de cendres , 1986; Les Sabots en or , 1989), Ferid Boughedir (Halfaouine , 1990), Mahmoud Ben Mahmoud (Traversées , 1982; Chich Khan , 1991).

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